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De la diplomatie internationale aux tranchées de l’innovation, la route est parfois sinueuse, souvent vertigineuse. Pour Louis-Félix Binette, directeur général de MAIN (Mouvement des accélérateurs d'innovation du Québec), ce chemin a été pavé de remises en question profondes.


Dans une entrevue à cœur ouvert, celui qui se décrit affectueusement comme un « weirdo » aux intérêts éclectiques revient sur son passé. Il a quitté le monde feutré et prestigieux de la diplomatie, non pas par caprice, mais par nécessité vitale. Il raconte le rythme effréné, la perte de sens, et cet épuisement professionnel qui vous rattrape sans prévenir.


C’est le récit d'un homme qui a réalisé qu’il avait « brûlé tout son gaz ». Il ne pouvait plus porter ce masque institutionnel devenu trop lourd, trop étroit pour ses valeurs. Aujourd’hui, il transforme cette cicatrice personnelle en un combat collectif : briser le silence assourdissant qui entoure la souffrance psychologique des dirigeants d'entreprise.


Le poids écrasant du costume de « Super-Héros »


Ce vécu donne à Louis-Félix Binette une légitimité rare.Il ne s'agit pas de théorie, mais d'une expérience vécue, viscérale. Aujourd'hui, il s'attaque à un cliché bien ancré, mais néfaste : celui de l’entrepreneur invincible, ce capitaine qui ne doit jamais quitter le navire, jamais douter, jamais dormir.


Dans l'imaginaire collectif, l'entrepreneuriat se résume à deux extrêmes : le succès éclatant façon Silicon Valley, ou la faillite dévastatrice. « La réalité, c'est que la plupart des entrepreneurs vivent dans une zone grise, au centre, dans une tension permanente », rappelle-t-il avec justesse.


Ce « centre » est un lieu de solitude. L'entrepreneur doit rassurer ses employés, séduire ses investisseurs, calmer ses fournisseurs et protéger sa famille. Il est le pilier sur lequel tout repose. Mais quand le pilier se fissure, qui le soutient ?



La « stratégie du parking » : le deuil temporaire du rêve


Cette pression constante force parfois à des choix déchirants. Louis-Félix Binette met des mots sur un phénomène silencieux qu'il observe depuis quelques années : la « stratégie du parking ».


L'ère de l'insouciance, où l'on lançait une startup pour faire fortune en six mois, est révolue. Aujourd'hui, des entrepreneurs brillants, à bout de souffle ou de ressources, font le choix difficile de retourner vers le salariat. Ils ne le font pas par incompétence, mais pour survivre. Ils mettent leur rêve sur pause, le garent dans un coin de leur tête, le temps de refaire leur santé financière et de retrouver un équilibre au sein d'une grande organisation.


C'est une décision empreinte de lucidité, mais aussi de tristesse. Le danger, prévient Binette, c'est que ces talents restent « parqués » pour toujours, privés de l'envie ou des moyens de revenir dans l'arène, faute de filet de sécurité.


Le silence des hommes : quand la vulnérabilité fait peur


En décortiquant les données de l’initiative Parapluie, Louis-Félix Binette a mis le doigt sur une réalité sociologique troublante. Alors que les inscriptions au programme sont parfaitement paritaires, 80 % des témoignages publics sur la détresse psychologique viennent de femmes.


Cela ne signifie pas que les hommes vont bien. Cela signifie qu'ils se taisent. Le « masque de la virilité » — cette injonction à encaisser les coups sans ciller — agit comme une prison pour de nombreux fondateurs. Ils souffrent en silence, persuadés que demander de l'aide entacherait leur crédibilité. Pour MAIN, soutenir l'entrepreneuriat, c'est aussi déconstruire ces stéréotypes archaïques.


La dette psychologique : les cicatrices invisibles


Si la pandémie a disparu des journaux télévisés, elle a laissé des traces profondes dans les esprits. Louis-Félix Binette parle d'une véritable « dette psychologique » que nous traînons collectivement.


Stress accumulé pendant des mois, décisions prises dans l'urgence absolue, isolement social : les entrepreneurs portent encore ce sac à dos, alourdi aujourd'hui par l'inflation et l'incertitude économique. Ce n'est pas une simple fatigue, c'est une usure. Une superposition de couches invisibles qui fragilise durablement ceux qui bâtissent l'économie de demain.


La santé mentale, carburant de la performance


Face à ce constat, le message du DG de MAIN est clair : la santé mentale ne peut plus être une variable d'ajustement. C'est un actif stratégique.


« Pour avoir des entreprises en santé, ça prend des entrepreneurs en santé qui sont capables de toffer la run. »


On ne construit pas une économie forte sur des dirigeants brisés. Le Québec investit des millions dans les usines et la technologie. Il est temps d'investir dans l'humain qui tient le volant. Savoir s'arrêter avant le crash, reconnaître ses limites et durer dans le temps est devenu une compétence d'affaires aussi cruciale que la lecture d'un bilan comptable.



Parapluie : le droit d'être humain, tout simplement


C'est pour répondre à cette urgence que MAIN a lancé Parapluie. Plus qu'une assurance, c'est une permission de souffler. L'ambition est de supprimer ce dilemme insupportable qui pousse tant de talents à renoncer.


« Ça n’a pas d’allure que je sacrifie mon entreprise — ou ma santé — pour aller passer une journée à l’urgence »


Pour environ 220 $ par an, Parapluie offre une protection digne d'une grande corporation via Dialogue :


  • Un accès à la télémédecine 24/7 pour l’entrepreneur, mais aussi pour son conjoint et ses enfants ;

  • Un soutien en santé mentale rapide et complet ;

  • Une aide pour les tracas juridiques ou financiers qui polluent l'esprit.


L'idée est simple mais puissante : on peut entreprendre sans mettre sa vie et celle de sa famille en danger.


Vers une économie de la bienveillance


En fin d'entrevue, Louis-Félix Binette dessine les contours d'un Québec différent. Un écosystème où il entrevoit une économie moins axée sur la performance pure, et davantage guidée par des valeurs.


Des entrepreneurs mieux dans leur peau bâtiront des entreprises plus résilientes, capables d'inventer des solutions durables. « Si on veut ces entrepreneurs, c'est une responsabilité collective qu'on a de s'occuper d'eux », conclut-il


Pour innover, il faut du courage. Et comme le rappelle Louis-Félix Binette :« Il faut légitimer le courage de prendre soin de soi d’abord. C'est un acte de leadership, pas de faiblesse. »


Derrière chaque logo, chaque marque, chaque innovation, il y a un cœur qui bat. Et c'est notre responsabilité collective de veiller à ce qu'il ne s'arrête pas.

Louis-Félix Binette (MAIN) : « La santé mentale des entrepreneurs est un actif économique stratégique »

2026-02-05

HENKEL

6 minutes

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Derrière les levées de fonds et les succès, il y a des humains qui s'épuisent en silence. Ancien diplomate revenu de l'épuisement professionnel, Louis-Félix Binette, directeur général de MAIN, livre un plaidoyer vibrant pour une économie plus humaine. Entre la douloureuse « stratégie du parking » et l'espoir de l'initiative Parapluie, il redéfinit la réussite.


Par la rédaction de Henkel Media

À PROPOS DE L’AUTEUR(E)

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